Le Cahier des Meubles

Le meuble avant le style

Un matelas se juge à la densité, pas au nombre de ressorts

Avatar de Aurélien Ferrandon

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Le nombre de ressorts annoncé en gros sur l’emballage d’un matelas fait vendre, mais il ne dit presque rien de sa qualité réelle. Pour la mousse comme pour l’accueil du corps, le chiffre qui compte se mesure ailleurs, souvent en petits caractères au dos de l’étiquette plutôt qu’en gros sur la façade.

La densité, exprimée en kilogrammes par mètre cube

La densité d’une mousse, exprimée en kilogrammes par mètre cube, mesure la quantité de matière présente dans un volume donné. Une mousse plus dense résiste mieux à l’affaissement dans le temps, conserve son épaisseur d’origine plus longtemps et garde un soutien homogène sous le poids du corps. Une mousse peu dense peut sembler agréable à l’essai en magasin, en surface, tout en s’affaissant nettement plus vite une fois utilisée chaque nuit.

Pourquoi le nombre de ressorts trompe

Un matelas à ressorts ensachés peut compter plusieurs centaines de ressorts sans que cela renseigne sur leur diamètre, leur fermeté individuelle ou la qualité du garnissage qui les recouvre. Deux matelas au nombre de ressorts identique peuvent offrir un accueil radicalement différent selon ces autres paramètres, invisibles sur l’étiquette mais déterminants pour le confort réel.

Accueil, soutien : deux qualités à ne pas confondre

  • L’accueil désigne la sensation immédiate au contact du matelas, la couche la plus proche du corps qui épouse les premiers reliefs.
  • Le soutien désigne la capacité de l’ensemble à maintenir la colonne vertébrale alignée toute la nuit, porté par les couches plus profondes.
  • Un matelas peut offrir un bon accueil et un soutien insuffisant, ou l’inverse : les deux qualités se testent séparément, en position allongée prolongée, pas en appuyant la main sur la surface.
  • Un matelas ferme n’est pas automatiquement un matelas dense : la fermeté se sent au premier contact, la densité ne se révèle que dans la durée d’utilisation.

Des densités adaptées à des usages différents

Une mousse basse densité, généralement en dessous d’une trentaine de kilogrammes par mètre cube, convient à un usage occasionnel — lit d’appoint, chambre d’amis peu fréquentée — mais s’affaisse vite en usage quotidien. Une densité moyenne, autour de trente-cinq kilogrammes par mètre cube, correspond à un usage régulier pour une personne de corpulence courante. Au-delà, les mousses haute densité visent les corpulences plus importantes ou les couchages soumis à un usage intensif, où le soutien doit rester constant nuit après nuit sans jamais fléchir localement. Un même chiffre de densité ne signifie donc pas la même chose selon le poids du dormeur : la densité adaptée dépend autant de la personne que du matelas lui-même.

Ce que dit la durée de vie

Une densité de mousse plus élevée retarde nettement l’apparition d’un creux permanent, ce fameux affaissement localisé qui déforme le matelas à l’endroit du corps. C’est cette résistance dans le temps, plus que le confort du premier jour, qui distingue un matelas conçu pour durer d’un matelas conçu pour séduire à l’essai.

La literie destinée à un usage domestique répond à des exigences de sécurité et de dimensionnement encadrées par la norme NF EN 1957, qui définit notamment les méthodes de mesure du confort et de la durabilité des matelas ; le référentiel complet est publié par l’AFNOR.

Le choix d’un matelas suit la même logique que celui d’un panneau de meuble : la matière et sa densité décident de la durée de vie, l’apparence du premier jour ne décide de rien.


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